- Des souvenirs
Exemple d’un impossible état d’être, utile à celui ou celle qui en a besoin.
Une brume, une silhouette, image fugace de l’être aimé, le décor connu du monde tel que vécu.
Elle est debout dans le hall de la maison, les épaules tombantes, le visage décomposé.
J’essaye d’attirer son attention, sans succès.
-Tu n’y arriveras pas mon gars, la distance est trop grande, cela demande trop d’effort.
-C’est vrai, tu verras, on s’y habitue. Jusqu’à maintenant on t’enviait, chaque fois que vous vous aimiez on prenait notre pied à vous regarder.
Maintenant, je vais quitter ta maison, parce que jusqu’à ce que la vie y soit à nouveau intéressante, il va se passer du temps.
Allez les gars, on se casse, les pleurnicheries ça me gave.
-Attendez ! Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi ?
-Chez toi ? Mais tu délires, c’est nulle part chez toi. Tu sais où tu es au moins ?
Ils et elles sont là, un peu partout dans la maison. J’en vois une assez jolie assise sur l’armoire du recoin.
Un autre drôlement habillé qui squatte le plan de travail de la cuisine que l’on aperçoit dans un angle.
Un, debout sur l’escalier qui monte à l’étage.
Elle ne semble pas voir ces personnages, elle a les épaules secouées par le chagrin, je m’approche et essaye de la prendre dans mes bras.
-N’te fatigue pas lance la jolie fille. Elle ne t’entend, ni te voit.
On est au premier niveau, nos vibrations sont trop hautes pour sa perception.
Les autres ont disparu.
-Où sont-ils allés ?
-Où ils ont pensé vouloir aller.
Tu n’as qu’à imaginer où tu veux te trouver et hop, tu y es. C’est cool.
-Ça marche aussi pour l’espace ?
-Comment cela ?
-Oui, les astres, les planètes.
-Ah, je n’sais pas, moi je ne peux pas quitter ce monde, je suis une passeuse d’âmes.
Notre strate, c’est un niveau basique, pas de maladie, la bouffe à profusion, pas de chaud, pas de froid, c’est top.
Tu peux voyager gratuitement sur toute la terre, ce que j’ai toujours voulu faire de mon vivant mais que je n’ai pas pu.
Tu veux aller au soleil, à la neige, à la plage, tu y es.
-Que faisais-tu chez moi ?
-J’y suis venue pour toi.
Mon job de passeuse d’âmes c’est exactement cela, expliquer aux nouveaux venus les règles de fonctionnement de ce niveau, aider ceux qui veulent monter à le faire.
-Pourquoi ?
-Parce que je dois le faire.
-Attends, je ne comprends pas. Qu’entends-tu par « Je dois le faire » ?
Comment as-tu su ce qui allait se passer ?
-Il va falloir commencer ton éducation. Tu as donc vraiment tout oublié.
-Oublié quoi ?
Eloise a mis son manteau, a pris les clés de sa voiture et est sortie.
J’ai voulu la suivre, mais l’autre entité m’en a dissuadé.
-Laisse là, elle va aller chercher ton fils, ils iront sur les lieux de l’accident.
Tu pourras les rejoindre après.
On n’a pas la même perception du temps à ce niveau de conscience. Bien, je vais t’orienter un peu sur la réalité présente, et puis je partirai aussi, j’ai encore bien d’autres âmes à faire passer.
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