Qu’est-ce que la vérité
La conformité avec la pensée
L’illusion en est l’opposé
Une expression formalisée
- L’introspection
Seul, dans une espèce de halle aux contours flous, j’essaye d’imaginer la provenance de mon Esprit.
Je suis immédiatement transporté dans l’immensité d’une vaste prairie en fleurs.
L’ensemble est d’une magnificence colorée, des insectes translucides tournoient autour des pétales en une sarabande joyeuse.
Une ombre semble sortir de nulle part, elle se précise en s’approchant tranquillement.
-Bonjour, je suis ton ascendance, l’Esprit souche de la famille.
Comme il ou elle se rend compte que je ne peux avoir de réaction puisque je ne comprends pas cette rencontre, l’entité me sourit et m’envoie une onde vibratoire d’apaisement.
J’entre dans une espèce de léthargie consciente, il ou elle pénètre en moi et d’une façon étrange, je suis lui ou elle et il ou elle est moi.
Le chemin de ma perception change subitement et subtilement de cours.
Ma sensation d’Esprit unique se dilue, je suis moi et je suis tous les uns et toutes les autres à travers l’infini de l’existence et du ressenti.
Au début de tout, il y a cette plénitude absolue d’une éternité bienfaitrice et bienfaisante baignée d’un Amour inconditionnel, qui s’étend à tout et embrase tout.
Cet état est unique, magnifique, d’une richesse sans limite.
Mais sans un vrai partage, il n’est rien.
Ce constat fondamental génère une profonde volonté de participations multiples à l’expérimentation et l’esprit s’auto-sépare en une grande quantité d’étincelles spirituelles indépendantes, nommées familles d’âmes.
L’esprit souche reste en étroit contact avec ses principes qui tous ou toutes rejoignent une roue de vie, avec l’idée de s’auto ressentir en une quantité d’expériences et de destinées diverses.
Chaque sensation vécue, sentiment, onde de joie ou de tristesse, expérience, sont transmis par la chaîne d’Amour épaississant la source sans qu’elle n’ait besoin de pénétrer la matière, ce qui lui est totalement impossible dans son état d’éternité ou de présent absolu (Georg Wilhelm Friedrich Hegel et Henri Bergson ont approché cette réalité infinie).
Selon le même principe d’étincelles spirituelles qui s’émancipent de l’esprit souche, lui-même s’émancipe de la source de l’Esprit.
Je sors de ma léthargie, devant moi la prairie s’anime, ondule comme bercée par le vent.
Je vois des époques qui défilent, des pierres qui ravinent, qui se fondent, qui rougeoient, éteintes par une mer glaciale, enfermées dans une nuit noire.
Des arbres qui s’entremêlent, se repoussent, communiquent entre eux, s’étouffent, renaissent au printemps, pourrissent à l’automne, se figent à l’hiver.
Des animaux qui se croisent, se soufflent, s’aboient, se feulent, chargent dans de grandes steppes, se mangent entre eux.
Certains ont un regard que je connais, ils se transforment en me voyant, en chiens, chats, rats.
Des êtres qui se frôlent, se mêlent, se quittent, se tuent, se haïssent, s’aiment en criant.
Ils s’évaporent et renaissent, femmes, hommes, puis femmes ou hommes à nouveau.
Je ne vois que rarement leur visage, mais parfois je crois reconnaître père, mère, frères, sœurs, familles, amantes, complices.
L’esprit souche est derrière moi, il guide mes vibrations, je vois soudainement les mêmes images, mais elles se mélangent sur la terre, puis sur des mondes que je ne connais pas mais qui me semblent familiers.
A chaque nouvelle scène, je ressens des vagues de peur, d’amour, de plénitude, de haine, l’abandon, la solitude, la culpabilité, tous ces sentiments forment une trame de sensations qui pénètrent les strates de mon esprit, déroulant une chaîne existentielle unique et pourtant multiple.
Je comprends que ces réalités fugaces sont les miennes et je plonge dans une nuit calme et réparatrice.
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